Suicides, déserts médicaux, santé des femmes, mal-être : la MSA présente ses propositions pour améliorer la santé en milieu rural à la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale.
Le 1er juillet 2026, le conseil d’administration de la Caisse centrale de la MSA a adopté son rapport annuel Charges et Produits pour 2027, transmis au Gouvernement et au Parlement dans la perspective du prochain projet de loi de financement de la sécurité sociale.
À partir des données les plus récentes sur la santé des assurés agricoles, la MSA dresse un constat préoccupant : aggravation du risque suicidaire, accès aux soins toujours plus difficile dans les territoires ruraux et fortes inégalités de santé pour certaines populations, notamment les femmes. Face à ces constats, la MSA formule plusieurs propositions concrètes pour renforcer la prévention, améliorer l’accès aux soins et mieux accompagner les agriculteurs confrontés aux aléas de la vie.
Quatre propositions fortes pour améliorer la santé en milieu rural
- Faciliter le remplacement des agriculteurs aidants
La MSA propose d’étendre le bénéfice du service de remplacement aux agriculteurs qui perçoivent l’allocation journalière de présence parentale ou l’allocation journalière du proche aidant. Cette mesure permettrait aux exploitants contraints d’interrompre temporairement leur activité pour accompagner un enfant gravement malade ou un proche en perte d’autonomie de continuer à faire vivre leur exploitation.
- Mieux reconnaître l’endométriose
Afin de mieux prendre en compte cette pathologie qui touche de nombreuses femmes, la MSA propose de supprimer le délai de carence pour les indemnités journalières lors des arrêts de travail liés à une dysménorrhée associée à l’endométriose.
- Lutter contre le renoncement aux dépistages
Pour réduire les inégalités de santé, la MSA souhaite créer un dispositif d’accompagnement vers les dépistages organisés des cancers. L’objectif est d’aller au-devant des personnes qui, faute d’offre de soins, de mobilité ou d’information, renoncent aujourd’hui aux examens de prévention.
- Mieux accompagner les agriculteurs grâce à un parcours de répit renforcé
Face à la progression du mal-être dans le monde agricole, la MSA propose de renforcer son parcours d’aide au répit en s’appuyant sur son guichet unique. L’objectif est de proposer un accompagnement plus lisible, plus coordonné et dans la durée, afin que les agriculteurs confrontés à des situations d’épuisement puissent accéder plus rapidement aux solutions de soutien adaptées.
Des indicateurs de santé qui appellent à une mobilisation collective
Le rapport met en évidence plusieurs évolutions préoccupantes.
Entre 2018 et 2023, le sur-risque de suicide progresse au régime agricole par rapport à l’ensemble des régimes, traduisant une dégradation pour les assurés du régime agricole. En 2023, il est supérieur de 66 % à celui observé dans l’ensemble des régimes d’assurance maladie. Ce sur-risque atteint même 115 % chez les non-salariés agricoles âgés de 15 à 64 ans.
L’accès aux soins demeure également plus difficile pour les assurés du régime agricole, résidant pour les deux tiers d’entre eux dans les territoires ruraux. En 2023, 23 % des assurés du régime agricole vivent dans un désert médical, contre 15 % de la population générale.
Les femmes sont particulièrement concernées. Plus d’une agricultrice non salariée sur deux (56 %) réside dans une intercommunalité ne comptant aucun gynécologue libéral, contre 23 % des femmes de la population générale.
Enfin, la cartographie des pathologies confirme le poids croissant des maladies chroniques. Parmi les 2,8 millions de patients du régime agricole ayant consommé des soins en 2024, un sur trois est atteint d’au moins une pathologie, principalement des maladies cardioneurovasculaires, du diabète ou des cancers.
Une approche globale de la santé dans les territoires
Au-delà de ces mesures, le rapport présente les orientations de la MSA pour renforcer l’efficacité des politiques de santé publique dans les territoires ruraux : développement de la prévention tout au long de la vie, renforcement des actions en faveur de la santé mentale, amélioration de l’accès aux soins, soutien à l’exercice coordonné des professionnels de santé, promotion d’une approche intégrée entre santé, environnement et alimentation, lutte contre la fraude et développement des outils numériques au service des assurés et des professionnels de santé.
Enfin, la MSA veut s’appuyer sur l’intelligence artificielle pour lutter contre la fraude.
La MSA propose de renforcer la lutte contre la fraude en déployant de nouveaux outils d’analyse des données, fondés sur l’intelligence artificielle.
Conçu par la MSA pour l’ensemble des régimes d’assurance maladie, ce dispositif constitue désormais le socle commun de contrôle des facturations pharmaceutiques. Il permettra de détecter plus rapidement les consommations anormales de médicaments ou certaines facturations suspectes. Une expérimentation menée en 2025 a déjà permis d’identifier 300 000 euros de facturations irrégulières par an sur des dispositifs médicaux.
Par son approche globale de la protection sociale et son ancrage territorial, la MSA entend ainsi contribuer à construire des réponses adaptées aux besoins des populations agricoles et rurales.
Pour la première fois, le rapport Charges et Produits de la MSA a été présenté en audition aux membres de la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale le 8 juillet 2026. Il sera remis au Gouvernement dans le cadre de la préparation du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027.
À propos de la MSA
Avec 29,8 milliards de prestations versées à 5,1 millions de bénéficiaires, la MSA est le deuxième régime de protection sociale en France. Elle assure la couverture sociale de l’ensemble de la population agricole – exploitants, salariés (d’exploitations, entreprises, coopératives et organismes professionnels agricoles), employeurs de main-d’œuvre – et des ayants droit. Grâce à son organisation en guichet unique, la MSA accompagne ses ressortissants tout au long de leur vie et leur offre une protection sociale globale en versant toutes les prestations auxquelles ils peuvent prétendre en matière de santé, famille, retraite, accident du travail et maladie professionnelle. Particulièrement engagée sur les territoires, la MSA développe de nombreuses actions complémentaires à ses missions de service public, au plus près des populations rurales. Toute l’année, les 12 978 élus-bénévoles et les 14 700 salariés de la MSA contribuent ainsi par leurs efforts au développement de la solidarité, du dynamisme et de l’attractivité des territoires ruraux.