emploi salarié agricole

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L’emploi salarié dans les groupements d’employeurs agricoles en 2014 – Etude

Créés par la loi du 25 juillet 1985, les groupements d’employeurs permettent à des petites exploitations de se regrouper au sein d’une structure tierce, pour embaucher des salariés.

L’emploi en groupements d’employeurs est en hausse. Depuis 2005, l’emploi est en hausse de 4,0 % par an en moyenne. La hausse est générée par le développement de l’emploi en CDI, comme par celui de l’emploi en CDD. Le nombre de groupements a progressé fortement de 2005 à 2008. Après 2008, il s’est stabilisé. La croissance de l’emploi s’est ensuite poursuivie grâce à l’agrandissement de la taille des établissements existants.

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L’emploi salarié dans les Cuma en 2014 – Synthèse

En 2014, les CUMA employeuses de main d’œuvre sont au nombre de 1 600, et emploient 2 130 salariés équivalents temps plein (ETP).

Ce sont des établissements de petite taille, 1,3 ETP en moyenne, recourant à une forte proportion d’emplois en CDI (76 % des ETP).

Après un recul en 2013, l’emploi retrouve une légère croissance en 2014. Ce sont les emplois en CDD qui créent cette croissance.

Les salariés des CUMA sont mieux rémunérés en moyenne que ceux de la production agricole, du fait du poids important des cadres, des emplois en CDI et d’une forte qualification des salariés.

La structure d’âge du salariat ne présente pas de grande différence avec celle de l’ensemble de la production agricole. En revanche, l’emploi féminin y est beaucoup moins développé en CUMA que dans le reste de la production.

L’emploi est très concentré dans trois régions : Aquitaine, Pays de la Loire et Bretagne.

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Les intentions d’embauche au deuxième trimestre 2015 – Tableau de bord

Au 2è trimestre 2015, le nombre d’intentions d’embauche, au sein du régime agricole, continue sa progression et augmente de + 6,5 %.

Cette croissance concerne  toutes les  catégories de contrats : TODE (+ 2,5 %), CDD hors TODE (+ 14,6 %) et CDI   (+ 10,3 %).  La croissance est également générale au sein des quatre grands secteurs d’activité du régime. Principal secteur d’activité du régime, la production voit ses intentions d’embauche progresser de + 6,5 %.

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Les intentions d’embauche au premier trimestre 2015 – Tableau de bord

Au 1er trimestre 2015, le nombre d’intentions d’embauche au sein du régime agricole repart à la hausse avec une évolution de + 2,2 %.

Cette augmentation se retrouve pour les CDI (+ 3,6 %) et les CDD hors TODE (+ 6,3 %) tandis que les embauches en TODE diminuent légèrement (- 0,9 %). Principal secteur d’activité du régime, la production voit ses intentions d’embauche progresser de + 2,5 %.

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L’emploi des salariés agricoles au troisième trimestre 2014 – Infostat

L’emploi agricole au 3è trimestre 2014 affiche une exceptionnelle croissance, due en partie à l’avancée des récoltes

L’emploi du régime agricole, dans ses trois grandes composantes (Heures travaillées, Contrats et Masse salariale), affiche une « bonne santé », particulièrement dans le secteur de la Production. Le 3è trimestre, traditionnellement caractérisé par un pic d’activité, est marqué par des conditions météorologiques très favorables à l’été 2014, contrairement à 2013. Le phénomène de transfert de l’emploi en CDI vers l’emploi en CDD persiste et concerne l’ensemble de l’activité agricole.

Points saillants au 3è trimestre 2014

Un emploi agricole qui affiche une « bonne santé »

Comme le laissait présager le tableau de bord des intentions d’embauche, l’emploi agricole présente une croissance notable au 3è trimestre 2014. Deux causes principales expliquent ce mouvement.

La plus importante réside dans l’intensité de recours aux emplois saisonniers, notamment au travers de contrats de Travailleurs Occasionnels-Demandeurs d’Emploi (TODE). Cela d’autant qu’en 2013 des retards météorologiques (de deux à trois semaines selon les domaines de production) avaient engendré un décalage de l’emploi saisonnier estival, reporté ainsi sur le 4è trimestre. En 2014, les conditions météorologiques ayant été plus conformes, la hausse des embauches de TODE témoigne plutôt d’un retour à la normale, combiné à des récoltes (fruits et légumes) plus abondantes qu’en 2013.

La seconde cause est attribuable à la meilleure adaptation des employeurs de travailleurs saisonniers à la modification de la mesure TODE intervenue en 2013[1]. Cela les a conduits à un recours accru aux déclarations d’heures supplémentaires, afin de conserver leurs saisonniers dans le respect des critères d’application de ladite mesure, pour laquelle les salaires horaires éligibles (hors heures supplémentaires) s’avèrent plus plafonnés qu’auparavant2.

Le nombre de contrats actifs au cours du trimestre croît de + 18,4 % (CDD + 35,2 % ; CDI – 1,4 %) en glissement annuel. Trois secteurs sont en croissance : Production + 30,6 %, dû au recours massif aux contrats « courts » (+ 43,1 %) de toutes catégories (CDD classiques et contrats TODE) ; Transformation + 3,2 % et Tertiaire + 0,2 %. A l’exception du secteur des «Activités diverses» qui se replie avec – 0,4 %.

Le nombre global d’heures travaillées suit la même tendance, avec une évolution de  + 4,9 % (CDD + 17,2 % ; CDI – 1,4 %), dont Production + 9,3 %, Transformation + 3,0 %, Tertiaire + 0,2 % et «Activités diverses» + 1,0 %. Conséquence du recours massif aux contrats « courts », la durée moyenne d’heures par contrat décroît avec – 11,4 % (245 heures), en recul de – 13,3 % pour les CDD (150 heures) et en stabilisation pour les CDI (398 heures).

L’emploi permanent progresse mais le turn-over s’accélère plus fortement

Tous secteurs et natures de contrats (CDD et CDI) confondus, le nombre de contrats encore actifs en fin de trimestre, signe de la permanence de l’emploi, croît de + 1,5 %.

Cette évolution dissimule néanmoins une transformation de la permanence de l’emploi. Seuls les contrats « courts » (CDD) progressent. Ainsi, si l’offre d’emplois salariés dans le secteur agricole se consolide, elle revêt le plus souvent la forme de contrats permettant aux employeurs une forte flexibilité combinée à de hauts niveaux d’exonération de cotisations sociales.

En CDI, la permanence de l’emploi fléchit de – 1,4 %. Tous les secteurs sont en baisse mis à part la production agricole (Production + 0,2 % ; Transformation – 2,9 % ; Tertiaire – 2,1 % et «Activités diverses» – 2,1 %). A l’inverse, en CDD, la permanence de l’emploi s’accroît de + 7,1 % (Production + 8,0 % ; Transformation + 4,1 % ; Tertiaire + 10,0 % et «Activités diverses» + 1,7 %). L’indice de rotation de l’emploi (contrats achevés avant la fin du trimestre) affiche un taux record de 44,3 %, en hausse de + 9,3 points.

La masse salariale croît, alimentée par la croissance du volume horaire

De par l’accroissement du nombre d’heures travaillées ce trimestre, la masse salariale agricole croît de + 6,1 %, avec des évolutions positives pour tous les secteurs : Production + 11,4 %, Transformation + 6,0 %, Tertiaire + 1,0 % et «Activités diverses» + 2,9 %.

Le salaire horaire global croît en moyenne de + 1,1 %

Le salaire horaire moyen tous secteurs et natures de contrats confondus est en hausse (+ 1,1 %). Les évolutions convergent entre CDI (+ 2,1 %) et CDD (+ 4,5 %). Le salaire moyen progresse pour tous les secteurs (Production + 1,9 % ; Transformation + 3,0 % ; Tertiaire + 0,8 % et «Activités diverses» + 1,8 %). Dans le secteur de la production, l’évolution s’apprécie en gardant en mémoire les dispositions du décret de mars 2013 qui avait réduit les exonérations sur les niveaux les plus élevés de rémunération des travailleurs occasionnels.

La production agricole affiche une confortable « bonne santé »

Le volume horaire progresse de + 9,3 %. Cette évolution masque toutefois le phénomène, pérenne, de substitution des contrats en CDI au profit de ceux en CDD (- 1,3 % d’heures en CDI contre + 20,3 % en CDD). Avec le recours massif aux contrats « courts » ce trimestre, le nombre de contrats actifs durant le trimestre croît de + 30,6 % (+ 43,1 % en CDD et – 1,2 % en CDI). En conséquence, la durée des contrats (177 heures) chute de – 16,3 %. En CDD la durée des contrats recule de – 15,9 % et elle se stabilise en CDI.

L’emploi permanent évolue favorablement à l’inverse du turn-over

Le nombre de contrats actifs à la fin du trimestre, indicateur de la permanence de l’emploi, croît de + 4,2 %. Cette évolution est portée par les CDD, dont le nombre s’accroît de + 8,0 % (CDI + 0,2 %). L’indice de rotation des contrats (part des contrats achevés avant la fin du trimestre) croît exceptionnellement, avec une part de 59,0 % (CDD 72,5 % ; CDI 9,1 %), en évolution de + 10,4 points, reflet du recours massif aux contrats « courts » ce trimestre.

La hausse de la masse salariale est portée par l’essor des heures  travaillées

En glissement annuel, la masse salariale croît de + 11,4 % (CDI + 0,8 % ; CDD + 22,5 %). Le salaire horaire moyen s’élève de + 1,9 % (11,96 €). Cette évolution est supérieure à celle du Smic (+ 1,1 %)[2]. En CDI, le salaire horaire progresse de + 2,1 %, contre + 4,3 % en CDD.

Dans la Transformation, l’emploi maintient son cap favorable

A l’instar des précédents trimestres, l’emploi affiche globalement des évolutions positives. Le volume d’heures travaillées croît de + 3,0 % (CDD + 18,3% ; CDI – 1,0%). Le nombre de contrats actifs progresse de + 3,2 % (+ 13,0 % en CDD et – 1,0 % en CDI). La durée moyenne des contrats recule légèrement avec – 0,2 %, soit 380 heures en moyenne.

L’emploi permanent se replie et le turn-over s’intensifie

Les contrats encore actifs à la fin du trimestre reculent de – 1,4 %. Les contrats en CDI fléchissent de – 2,9 %, tandis que les CDD progressent de + 4,1 %. L’indice de rotation des contrats s’élève, avec une part de 19,9 % de contrats achevés avant la fin du trimestre (CDD 46,0 % ; CDI 7,2 %), en hausse de + 3,7 points, signe d’une moindre stabilité de l’emploi.

La masse salariale et le salaire horaire sont bien orientés

La masse salariale trimestrielle s’accroît de + 6,0 %. En CDI, elle augmente de + 2,8 %, tandis que les CDD bondissent avec + 23,9 %. Le salaire horaire moyen s’accroît de + 3,0%, passant de 15,58 € à 16,04 €. Ce rythme dépasse l’évolution du Smic (+ 1,1 %). Le salaire horaire des CDI et des CDD s’accroît respectivement de + 3,8 % et + 4,7 %.

Le recours aux CDD s’intensifie dans le Tertiaire agricole aux dépens de l’emploi en CDI

L’évolution de l’emploi salarié du secteur Tertiaire s’oppose à la tendance baissière des précédents trimestres, avec une hausse du nombre de contrats actifs de + 0,2 % (CDI -1,3 % ; CDD + 6,0 %). Le volume d’heures de travail suit la même évolution, avec une croissance de + 0,2 %, associée à un repli de – 1,6 % des CDI et une progression de + 11,0 % des CDD. La durée des contrats se stabilise avec une moyenne de 372 heures.

L’emploi permanent s’infléchit modérément et le turn-over s’élève

L’évolution du nombre de contrats encore actifs en fin du trimestre recule de – 0,5 %. En CDI, l’emploi permanent s’infléchit de – 2,1 %, tandis qu’en CDD il progresse de + 10,0%. L’indice de rotation des contrats (traditionnellement le plus faible des quatre secteurs agricoles) atteint 12,1 % (CDD 40,1 % ; CDI 4,4 %), marqueur d’une stabilité de l’emploi. Cette stabilité se détériore légèrement avec une évolution de l’indice de + 0,6 point.

La masse salariale du Tertiaire agricole affiche la plus faible évolution

Avec une croissance de + 1,0 %, la masse salariale progresse peu. En CDI, elle recule de – 0,3 % et s’accroît de + 12,8 % en CDD. Le salaire horaire moyen croît de + 0,8 % (Smic + 1,1 %), passant de 18,30 € à 18,45 €. Pour les CDI, l’évolution est de + 1,4 %, et en CDD de + 1,6 %.

Le secteur des «Activités diverses» est en progression mitigée

Le nombre de contrats actifs dans le trimestre se replie de – 0,4 % (CDI – 2,3 % et CDD + 2,4 %), tandis que le volume d’heures travaillées croît de + 1,0 % (CDI – 1,8 % et CDD + 6,2 %). A l’aune de ces deux indicateurs apparaît le phénomène de substitution des CDI au profit des CDD. La durée moyenne des contrats s’accroît de + 1,4 %, avec 350 heures.

La permanence de l’emploi et le turn-over se détériorent légèrement

L’emploi permanent (nombre de contrats encore actifs à la fin du trimestre) recule de – 0,8 % (CDI – 2,1 % ; CDD + 1,7 %). L’indice de rotation des contrats présente une part de 22,6 % de contrats achevés avant la fin du trimestre (CDD 38,0 % ; CDI 11,3 %), marqueur d’une stabilité relative de l’emploi, qui se détériore légèrement avec une évolution annuelle de l’indice de + 0,4 point.

La masse salariale reste en progression

L’indicateur de la masse salariale s’accroît de + 2,9 % (CDI – 0,5 % ; CDD + 13,7 %).  Le salaire horaire moyen progresse de + 1,8 % (CDI + 1,3 % ; CDD + 7,1 %), passant de 11,75 € à 11,97 € (CDI 14,07 € ; CDD 8,41 € en raison de la prépondérance des apprentis et travailleurs en contrats d’insertion statutairement rémunérés en-dessous du Smic).

Méthodologie :

Les évolutions s’expriment en période comparable de l’année précédente (PCAP). Le terme d’évolution, correspond à l’évolution du trimestre T de l’année N par rapport au même trimestre T de l’année N-1.

Définitions:

Emplois dans le trimestre : nombre de contrats de travail ayant donné lieu à une activité d’au moins une journée dans le trimestre, même si celle-ci a débuté ou cessé en cours de trimestre. Si un individu a eu plusieurs contrats actifs dans le trimestre, ceux-ci sont tous comptabilisés quelles que soient leur nature (CDD, CDI) et leur durée (temps plein, temps partiel).

Emplois présents en fin de trimestre : nombre de contrats encore en cours le dernier jour du trimestre. Les contrats ayant cessé avant la fin du trimestre, ne sont pas comptabilisés. Si un individu a plusieurs contrats actifs en fin de trimestre, ceux-ci sont tous comptabilisés.

Indice de rotation des contrats : (nombre de contrats actifs au cours du trimestre – nombre de contrats présents en fin de trimestre) / (nombre de contrats actifs au cours du trimestre). Plus l’indice est proche de 0 et plus l’emploi est considéré comme stable.

Nombre d’heures de travail rémunérées : nombre d’heures ayant donné lieu au paiement d’un salaire. Pour les emplois en CDI, ce volume d’heures inclut les congés payés. Pour les emplois en CDD, le nombre d’heures rémunérées correspond au nombre d’heures travaillées. Dans les deux cas, les heures supplémentaires sont incluses dans le nombre total d’heures rémunérées.

Masse salariale : montants de rémunération brute sur lesquels sont assises les cotisations sociales. La masse salariale est composée de la rémunération nette et des cotisations légales et conventionnelles de la part ouvrière.

TODE : contrats de travail avec allégements de cotisations patronales au titre des mesures en faveur de l’emploi de travailleurs occasionnels (TO) et de demandeurs d’emplois (DE).

Production agricole : activités de production, d’élevage et d’exploitation du bois. Activités exercées par les entreprises de travaux agricoles, les gardes-chasse, les gardes-pêche et les organismes de remplacement et de travail temporaire.

Transformation : transformation de produits agricoles effectuée par des entreprises à statut coopératif, ainsi que les scieries fixes.

Tertiaire : tertiaire lié au monde agricole. Le régime de protection sociale des salariés des professions agricoles est applicable aux salariés mentionnés à l’article L722.20 du code rural.

«Activités diverses» : autre nature d’activité axée sur le service à la personne (paysagisme, services à la personne, jardinage, enseignement, entraînement et dressage des chevaux …).

CDD : Contrats à Durée Déterminée.

CDI : Contrats à Durée Indéterminée.

[1],2 « Décret du 8 février 2013 » relatif aux exonérations de cotisations patronales pour le recours aux TODE, CDD d’usage et Contrats vendanges.

[2] Il faut rappeler que cette évolution ne reflète pas l’évolution du salaire individuel mais du salaire moyen qui peut être affecté par différents facteurs, notamment l’ancienneté dans le contrat.

Service de Presse
Géraldine Vieuille : 01.41.63.72.41 / vieuille.geraldine[at]ccmsa.msa.fr
Caroline Tonini : 01.41.63.70.97 / tonini.caroline[at]ccmsa.msa.fr

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Les intentions d’embauche au quatrième trimestre 2014 – Tableau de bord

Au 4è trimestre 2014, le nombre d’intentions d’embauche, au sein du régime agricole diminue de – 42,9 %, inversant la tendance des trimestres précédents.

Cette diminution est la résultante de la nette régression des intentions d’embauche en TODE (- 56,4 %) ce trimestre et, de manière plus générale, du recul de l’emploi consécutif aux récoltes plus avancées en 2014 qu’en 2013. Parmi les quatre grands secteurs d’activité du régime, la production et la transformation se distinguent avec des baisses de – 48,1 % et -33,2%.

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Les intentions d’embauche au troisième trimestre 2014 – Tableau de bord

Au 3è trimestre 2014, le nombre d’intentions d’embauche, au sein du régime agricole, poursuit et intensifie sa progression du trimestre précédent en augmentant de + 27,6 %.

Cette croissance est la résultante de la nette augmentation des intentions d’embauche en TODE (+ 36,3 %) et du dynamisme modéré des autres catégories d’embauche, CDD hors TODE (+ 5,8 %) et CDI (+ 9,7 %). Parmi les quatre grands secteurs d’activité du régime, le secteur de la production se distingue avec une hausse de + 32,2 %.

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L’emploi des salariés agricoles au deuxième trimestre 2014 – Infostat

L’emploi agricole au 2è trimestre 2014 maintient son cap favorable, excepté pour le secteur Tertiaire

Les conditions météorologiques favorables du printemps engendrent une hausse saisonnière de l’emploi dans les secteurs de la Production et de la Transformation. L’emploi global, au regard de ses trois grandes composantes (heures travaillées, contrats et masse salariale), affiche une remarquable croissance. Le phénomène de substitution de l’emploi en CDI au profit de l’emploi en CDD perdure et affecte l’ensemble des secteurs.

Points saillants au 2è trimestre 2014

L’emploi agricole reste dans le vert

A l’image du trimestre précédent, l’emploi agricole s’avère dynamique, en dépit du recul durable de l’emploi dans le secteur Tertiaire. Le nombre de contrats actifs au cours du trimestre croît de + 4,5 % par rapport à la même période de l’année précédente. Trois secteurs affichent une hausse : Production + 8,0 %, Transformation + 2,7 % et «Activités diverses» + 0,5 %. Seul le secteur tertiaire fléchit avec – 0,7 %.

Le nombre d’heures travaillées suit la même évolution, avec une croissance globale de + 5,3 %, dont + 8,7 % pour le secteur de la Production, + 1,8 % pour la Transformation et + 9,1 % pour les «Activités diverses» par rapport au 2è trimestre de l’année 2013. Seul le secteur tertiaire recule de – 0,3 %. La durée moyenne d’heures par contrat croît modérément avec + 0,7 % (330 heures), en évolution de + 7,6 % pour les contrats en CDD (251 heures) et une stabilisation pour les contrats en CDI (398 heures).

Cette bonne santé de l’emploi, portée par les CDD, s’explique par deux causes. D’une part, l’amélioration des conditions météorologiques et la précocité de la végétation au regard de la situation prévalent en 2013 ont conduit à une avancée et à un accroissement des embauches et d’autre part les employeurs ont optimisé les dispositions du décret du 8 février 2013 relatif aux exonérations de cotisations patronales. Cette mesure a conduit les employeurs de main-d’œuvre à un recours accru aux heures supplémentaires afin de conserver leurs saisonniers dans les critères d’application de ladite mesure, pour laquelle les salaires horaires (hors heures supplémentaires) éligibles s’avèrent bien plus plafonnés qu’auparavant.

L’emploi permanent progresse malgré un turn-over en légère hausse

Tous secteurs et types de contrats (CDD et CDI) confondus, le nombre de contrats encore actifs en fin de trimestre, indicateur de la permanence de l’emploi, croît de + 3,3 %.

Cette évolution masque toutefois une mutation de la permanence de l’emploi. D’une part, seuls les contrats précaires (CDD) s’accroissent (+ 12,1 % contre – 1,0 % en CDI) et d’autre part leur durée s’allonge, induisant une hausse mécanique du nombre de contrats actifs en fin de trimestre. Alors que globalement l’offre d’emplois salariés dans le secteur agricole se consolide, elle prend plus souvent la forme de contrats accordant aux employeurs une importante flexibilité combinée à des niveaux élevés d’exonération de cotisations sociales.

L’indicateur d’emploi permanent pour les CDI fléchit de – 1,0 %. Tous les secteurs sont en baisse à l’exception du secteur de la production agricole (Production + 1,1 % ; Transformation – 1,5 % ; Tertiaire – 2,3 % et «Activités diverses» – 2,1 %). A l’inverse, en CDD, l’indicateur d’emploi permanent s’accroît de + 12,1 % (Production + 6,5 % ; Transformation + 2,4 % ; Tertiaire – 0,6 % et «Activités diverses» + 0,4 %). L’indice de rotation de l’emploi (contrats achevés avant la fin du trimestre) s’établit à 21,9 %, en hausse de + 0,9 point.

La masse salariale s’accroît, portée par la croissance du volume d’heures de travail

Avec l’envolée du nombre d’heures travaillées ce trimestre, la masse salariale agricole s’accroît de + 4,6 %, avec des évolutions par secteur toutes positives : Production + 8,6 %, Transformation + 3,6 %, Tertiaire + 0,4 % et «Activités diverses» + 6,3 %.

La substitution de l’emploi en CDI par de l’emploi en CDD s’accompagne d’un recul du salaire moyen apparent

Le salaire horaire moyen tous secteurs et natures de contrats confondus recule (- 0,6 %) alors que le Smic s’accroît (+ 1,1 %). On distingue deux évolutions divergentes, + 2,1 % en CDI et une stabilisation en CDD. Le salaire moyen progresse toutefois dans deux secteurs (Transformation + 1,7 % ; Tertiaire + 0,8 %), et évolue négativement dans les deux autres (Production stabilisation ; «Activités diverses» – 2,6 %). Dans le secteur de la production, cette évolution doit être appréciée en gardant en mémoire les dispositions du décret de mars 2013 qui avait réduit les exonérations sur les niveaux les plus élevés de rémunération des travailleurs occasionnels.

En Production, l’essor des heures travaillées place l’emploi salarié dans le vert

Le nombre d’heures travaillées s’accroît de + 8,7 %. Cette progression masque toutefois le phénomène, durable, de substitution des contrats en CDI au profit de ceux en CDD
(- 2,3 % d’heures en CDI contre + 21,8 % en CDD). Le nombre de contrats actifs au cours du trimestre croît de + 8,0 % (+ 14,3 % en CDD et – 1,6 % en CDI). La durée des contrats y est plus faible que dans les trois autres secteurs (272 heures), avec une croissance de
+ 0,6 % due à l’allongement de la durée des CDD[1]. En CDD, la durée des contrats croît de + 6,5 % et fléchit en CDI avec – 0,2 %.

L’emploi permanent évolue favorablement à l’inverse du turn-over 

Le nombre de contrats actifs à la fin du trimestre, marqueur de la permanence de l’emploi, croît de + 6,5 %. Cette évolution favorable est portée par le travail effectué en CDD : ce trimestre les CDD enregistrent un allongement de leur durée, induisant une hausse mécanique du nombre de contrats encore actifs en fin de trimestre. Le nombre de CDD s’accroît de + 12,0 % ainsi que celui des CDI avec + 1,1 %. L’indice de rotation des contrats (part des contrats achevés avant la fin du trimestre) est le plus fort des quatre secteurs, avec une part de 32,3 % (CDD 45,4 % ; CDI 8,5 %), reflet d’une forte instabilité de l’emploi. De plus, l’indice progresse en glissement annuel de + 1,0 point.

La hausse de la masse salariale est portée par l’essor des heures

La masse salariale s’accroît de + 8,6 % (CDI + 0,4 % ; CDD + 22,5 %). Le salaire horaire moyen se stabilise (11,65 €). Cette évolution est inférieure à celle du Smic
(+ 1,1 %)[2]. En CDI, le salaire horaire progresse de + 2,2 % contre + 0,7 % en CDD.

Dans la Transformation, l’emploi reste bien orienté

A l’instar du trimestre précédent, les trois grands indicateurs de l’emploi affichent des évolutions favorables. Le volume d’heures travaillées s’accroît de + 1,8 % (CDD + 21,1 % ; CDI – 1,8 %). Le nombre de contrats actifs progresse de + 2,7 % (+ 20,9 % en CDD et
– 1,9 % en CDI). La durée moyenne des contrats recule légèrement avec – 0,9 %, soit 403 heures en moyenne.

L’emploi permanent s’intensifie et le turn-over fléchit légèrement

Le nombre de contrats encore actifs à la fin du trimestre croît de + 2,9 %. Les contrats en CDI diminuent avec – 1,5 %, tandis que les CDD augmentent de + 26,2 %. L’indice de rotation des contrats reste contenu, avec une part de 9,6 % de contrats achevés avant la fin du trimestre (CDD 25,6 % ; CDI 4,6 %), marqueur d’une certaine stabilité de l’emploi. Aussi, l’indice diminue de – 0,2 point ce trimestre.

La masse salariale et le salaire horaire s’avèrent bien orientés

La masse salariale trimestrielle s’accroît de + 3,6 %. En CDI, elle progresse de + 1,1 %, les CDD bondissent avec + 23,5 %. Le salaire horaire moyen augmente de + 1,7 %, passant de 16,32 € à 16,60 €. Ce rythme dépasse l’évolution du Smic (+ 1,1 %). Le salaire horaire des CDI et des CDD progresse respectivement avec + 3,0 % et + 2,0 %.

Le recours au CDD s’amplifie dans le tertiaire agricole au détriment de l’emploi en CDI

L’emploi salarié du secteur Tertiaire, en déclin depuis plusieurs trimestres, reste en repli avec un recul du nombre de contrats actifs de – 0,7 %. Le nombre de contrats des CDI fléchit avec – 2,5 %, tandis que celui des CDD croît avec + 8,1 %. Le volume d’heures de travail suit la même tendance, avec un recul global de – 0,3 %, associant à une régression de – 2,2 % des CDI, une croissance de + 12,4 % des CDD. La durée moyenne des contrats progresse peu avec + 0,4 % et atteint une moyenne de 387 heures.

L’emploi tertiaire permanent recule quelque peu et le turn-over se stabilise

L’évolution du nombre de contrats encore actifs en fin du trimestre s’avère négative, avec
– 0,6 %. En CDI, l’emploi permanent fléchit avec – 2,3 %, tandis qu’en CDD il s’accroît avec + 11,1 %. L’indice de rotation des contrats (historiquement le plus faible des quatre secteurs agricoles) atteint 7,5 % (CDD 24,4 % ; CDI 3,7 %), marqueur d’une solide stabilité de l’emploi. Cette stabilité se confirme avec une évolution de l’indice de – 0,1 point.

La masse salariale du tertiaire agricole évolue faiblement

Avec une hausse de + 0,4 %, la masse salariale progresse très peu. En CDI, elle régresse avec – 0,7 %, inversement en CDD elle s’accroît de + 12,6 %. Le salaire horaire moyen croît de + 0,8 % (Smic + 1,1 %), passant de 19,03 € à 19,18 €. Pour les CDI, l’évolution est négative avec – 0,7 %, tandis qu’en CDD elle est positive avec + 12,6 %.

Le secteur des «Activités diverses» présente une croissance notable des heures travaillées

Si le nombre de contrats actifs dans le trimestre progresse faiblement avec + 0,6 % (CDI
– 2,2 % et CDD + 5,5 %), le volume d’heures travaillées bondit avec + 9,1 %, il existe toutefois un phénomène fort de substitution des CDI au profit des CDD : recul du volume de travail en CDI avec – 2,3 % et hausse de celui en CDD avec + 28,9 %. La durée moyenne des contrats s’accroît de + 8,4 %, avec 415 heures.

Le niveau de l’emploi permanent et le turn-over sont stables

L’emploi permanent (nombre de contrats encore actifs à la fin du trimestre) progresse de + 0,4 % (CDI – 2,1 % ; CDD + 5,5 %). L’indice de rotation des contrats reste contenu avec une part de 14,1 % de contrats achevés avant la fin du trimestre (CDD 21,4 % ; CDI 9,5 %), marqueur d’une stabilité relative de l’emploi, laquelle se détériore très légèrement avec une évolution annuelle de l’indice de + 0,2 point.

La masse salariale révèle la deuxième plus forte progression sectorielle

Suite à l’envolée du nombre d’heures ce trimestre, la masse salariale s’accroît de + 6,3 % (CDI stabilisation ; CDD + 28,0 %). A l’inverse, le salaire horaire moyen régresse de – 2,6 % en raison du recours notable aux apprentis et travailleurs en contrats d’insertion statutairement rémunérés en-dessous du Smic (CDI + 2,3 % ; CDD – 0,7 %), passant de 11,52 € à 11,22 €.

Méthodologie :

Les évolutions s’expriment en période comparable de l’année précédente (PCAP). Le terme d’évolution, correspond à l’évolution du trimestre T de l’année N par rapport au même trimestre T de l’année N-1.

Définitions:
Emplois dans le trimestre : nombre de contrats de travail ayant donné lieu à une activité d’au moins une journée dans le trimestre, même si celle-ci a débuté ou cessé en cours de trimestre. Si un individu a eu plusieurs contrats actifs dans le trimestre, ceux-ci sont tous comptabilisés quelles que soient leur nature (CDD, CDI) et leur durée (temps plein, temps partiel).

Emplois présents en fin de trimestre : nombre de contrats encore en cours le dernier jour du trimestre. Les contrats ayant cessé avant la fin du trimestre, ne sont pas comptabilisés. Si un individu a plusieurs contrats actifs en fin de trimestre, ceux-ci sont tous comptabilisés.

Indice de rotation des contrats : (nombre de contrats actifs au cours du trimestre – nombre de contrats présents en fin de trimestre) / (nombre de contrats actifs au cours du trimestre). Plus l’indice est proche de 0 et plus l’emploi est considéré comme stable.

Nombre d’heures de travail rémunérées : nombre d’heures ayant donné lieu au paiement d’un salaire. Pour les emplois en CDI, ce volume d’heures inclut les congés payés. Pour les emplois en CDD, le nombre d’heures rémunérées correspond au nombre d’heures travaillées. Dans les deux cas, les heures supplémentaires sont incluses dans le nombre total d’heures rémunérées.

Masse salariale : montants de rémunération brute sur lesquels sont assises les cotisations sociales. La masse salariale est composée de la rémunération nette et des cotisations légales et conventionnelles de la part ouvrière.

TODE : contrats de travail avec allégements de cotisations patronales au titre des mesures en faveur de l’emploi de travailleurs occasionnels (TO) et de demandeurs d’emplois (DE).

Production agricole : activités de production, d’élevage et d’exploitation du bois. Activités exercées par les entreprises de travaux agricoles, les gardes-chasse, les gardes-pêche et les organismes de remplacement et de travail temporaire.

Transformation : transformation de produits agricoles effectuée par des entreprises à statut coopératif, ainsi que les scieries fixes.

Tertiaire : tertiaire lié au monde agricole. Le régime de protection sociale des salariés des professions agricoles est applicable aux salariés mentionnés à l’article L722.20 du code rural.

«Activités diverses» : autre nature d’activité axée sur le service à la personne (paysagisme, services à la personne, jardinage, enseignement, entraînement et dressage des chevaux …).

CDD : Contrats à Durée Déterminée. CDI : Contrats à Durée Indéterminée.

[1] Nouveau dispositif d’exonération de cotisations des travailleurs occasionnels (décret 2013-132 du 8 février 2013).

[2] Il faut rappeler que cette évolution ne reflète pas l’évolution du salaire individuel mais du salaire moyen qui peut être affecté par différents effets et notamment l’ancienneté dans le contrat.

Service de Presse
Géraldine Vieuille : 01.41.63.72.41 / vieuille.geraldine[at]ccmsa.msa.fr

affections de longue duree en 2015
Les intentions d’embauche au deuxième trimestre 2014 – Tableau de bord

Au 2ème trimestre 2014, le nombre d’intentions d’embauche, au sein du régime agricole, continue sa progression et augmente de + 17,4 %.

Cette croissance concerne une fois encore toutes les  catégories d’embauche : TODE (+ 20,5 %), CDD hors TODE (+ 12,6 %) et CDI (+ 9,5 %). La croissance est également générale au sein des quatre grands secteurs d’activité du régime.

synthese
L’emploi salarié dans les Cuma en 2013 – Synthèse

En 2013, les CUMA employeuses de main d’œuvre sont au nombre de 1 600, et emploient 2 078 salariés équivalents temps plein (ETP).

Ce sont des établissements de petite taille, 1,3 ETP en moyenne, recourant à une forte proportion d’emplois en CDI (78 % des ETP).

Après une légère hausse entre 2010 et 2012, l’emploi diminue à partir de 2013. Ce sont les emplois en CDI qui sont affectés par cette baisse.

Les salariés des CUMA sont mieux rémunérés en moyenne que ceux de la production agricole, du fait du poids important des cadres, des emplois en CDI et d’une forte qualification des salariés.

La structure d’âge du salariat ne présente pas de grande différence avec celle de l’ensemble de la production agricole. Par contre, l’emploi féminin est beaucoup moins développé en CUMA que dans le reste de la production.

L’emploi est très concentré dans trois régions : Aquitaine, Pays de la Loire et Bretagne.